TROIS ENGINS DE CHANTIER COUP DE CŒUR

Echelle 1/24 ème
 scratch

par Jean-Marc BOIBIEUX
 

 

I -LE CYLINDRE A VAPEUR ALBARET:

   Lors d’une visite au musée AGRIVAP d’Ambert en Livradois, je suis tombé amoureux d’un engin silencieux, qui à sa grande époque crachait, fumait et faisait trembler les chemins sous le poids de ses 20 tonnes . De 1927 à 1965, il en a damé des cailloux sur les chemins du Livradois ! Avant de finir ses jours, quelle chance, dans le musée Auvergnat à côté d’autres machines et, notamment, d’une superbe et monstrueuse générateur  à vapeur, produisant l’électricité dans la scierie où est maintenant installé le musée. 7km/h en vitesse de pointe, 4km/h au travail ! Le temps des escargots et des longues journées de travail…..

   Retour à AGRIVAP, photographie de la vedette sous toutes les soudures en posant une pige graduée  de  1m, prise des cotes représentatives, diamètre de roues, largeur de chaudière, pistons, etc. et création d’un plan sommaire, afin de me rapprocher le plus possible de la réalité.

   Comme toutes mes maquettes échelle 1/24e. Matériaux cartes plastiques en grande majorité.

                   

    
                          L’original du musée AGRIVAP à AMBERT 

   Le cylindre, comme son nom l’indique, comporte beaucoup de………cylindres, roues, chaudières etc. La méthode pour faire des tubes en cartes plastiques sera bientôt en ligne de façon détaillée dans la rubrique : TRUCS ET ASTUCES. Ce procédé a servi sur le cylindre aux roues, chaudières, volant d’inertie etc. Les roues du cylindre ont la particularité d’être composées d’une « jante «  en fonte et d’un bandage en fonte amovible (usure).  Le bandage était bloqué sur le cylindre par des cales en chêne afin de faciliter le montage et démontage. C’est la seule partie qui ne soit pas en cartes plastiques sur la maquette. Toute la forme du cylindre est réalisée en carte plastique d’épaisseurs différentes, mastiquée, poncée. Il est important de procéder au collage des différents gros éléments  après la peinture, mais avant la patine.

 
 
       
               

 
 Les tubulures, engrenages,  rivets et tous les petits détails sont également en tubes, cornières, rondelles de cartes plastiques tournés et rajoutés en dernier,  pour certains après la peinture générale. La toiture est démontable afin de pouvoir installer plus facilement les figurines par la suite. Le logo Albaret est en cours de réalisation en photo découpe.
  Peinture en bombe pour les grandes surface, finition et détail au pinceau, peinture Umbrol,  patine en lavis au pinceau à la demande suivant la mise en diorama future.

                             
                             


II -LA BOUILLE OU GOUDRONNEUSE
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   Gros problème pour le 2éme engin de la trilogie. Ce genre de véhicule n’a pas survécu, car qui aurait voulu conserver ou sauver ce genre d’engin, dégoulinant de goudron et utilisé jusqu'à la dernière limite d’usure !

   Le hasard m’a fait trouver, dans une revue de l’Illustration de 1920, une photo d’une bouille montée sur un châssis de camion de marque inconnue, peut être un WILLEME LIBERTY. Quelques dessins ou photos supplémentaires glanés çà et là, les plans d’un cassis et cabine d’un camion MACK de 1920 et beaucoup de croquis et d’imagination, m’ont permis de « reconstituer «  le véhicule, d’autant plus que la méthode de fabrication du bitume n’a guère évolué.
 

   Le principe est le même que  pour le cylindre, réalisation en cartes plastiques au 1/24e. La citerne est réalisée à l’aide d’un contre collage de carte fine sur des gabarits de forme elliptique, reliés par une ossature en baguettes plastiques. J’ai remoulé sur une  maquette existante les chaînes de transmission et le bloc moteur. Les jantes sont réalisées sur le principe du cylindre, avec un rajout de rayons en carte. Moulage également pour les pneus pleins doublés à l’arrière.

    
     
    

   Peinture en bombe, lavis et patine font revivre ce vénérable engin.
    


III -LE 3ème ENGIN DE TRAVAUX PUBLIC. LA GRAVILLONEUSE 

   Là aussi, coup de cœur pour un véhicule gravillonneur dont la photo a été trouvée dans une revue Charge Utile, consacrée à la marque WILLEME. J’ai trouvé très original et peu vu le système de chaînes  à godets, sur le coté du camion, afin de charger la benne, car, il ne faut pas oublier que les tractopelles ou autres chargeurs à godets articulés n’existaient pas à cette époque, la seule solution était le chargement par trémies, directement à la carrière ou le chargement à la pelle a main….. La chaîne à godet évitait au moins de jeter le gravillon par-dessus les ridelles de la benne. Là aussi, documentation quasiment introuvable sur la benne elle-même, par contre, les châssis et la cabine proviennent des plans trouvés dans le fameux Charge Utile et de photos diverses. Il s’agit d’un WILLEME LIBERTY D10 à cabine ouverte en bois.

Toujours le même principe d’utilisation de cartes plastiques de différentes épaisseurs.

   
   

   A noter que, comme beaucoup de camion de cette époque, les pneus gonflables ne présentant toujours pas une grosse fiabilité avec les tonnages de matériaux transportés. Les roues étaient garnies de bandages caoutchouc pleins et doublés, de surcroît,  à l’arrière. Sur ce Willeme, gros progrès par rapport au MAC ci-dessus, les roues sont de type artillerie, gonflables à l’avant ! Le réceptacle, en bas de la chaîne, était amovible afin de ne pas gêner la circulation.

   
   
 

   LES 3 ENGINS SONT PRET A REJOINDRE LE DIORAMA EN COUR DE REALISATION POUR LES ACCUEILLIR. Les personnages suivent…….bientôt.


                  

III -LE COMPRESSEUR

   Le cylindre ou le gravillonneur ayant fauté avec la bouille, un petit compresseur à air, dont l’ancêtre se trouve perdu dans la cour d’une ancienne entreprise de TP vosgienne, est venu rejoindre la famille des travaux publics !

   Conçu à l’aide de photos et cotes, toujours en cartes plastiques, le dernier né rejoindra également le diorama en cours. Il s’agit d’un compresseur à air, d’origine allemande, INGERSOLL-RAND, des années vingt.

                                  
    
                                                         
                     
     

V -LE TRACTEUR

   Et comme il faut bien remorquer le compresseur, le futur chantier sera la réalisation d’un tracteur LANZ monocylindre, à boule chaude,  de 1927, version route, avec protection des crampons, pour l’instant toujours à l’état de photo, avec, au volant, le créateur des engins ci-dessus …..Et de plus, la bête, dans son jus d’origine  et remise en état de marche par un mordu de tracteur et papa d’un jeune maquettiste du club, fonctionne comme aux plus beaux jours! Il sera visible et mis en route lors du prochain carrefour du maquettisme les 18 et 19 avril 2009, organisé par le MONTBRISON MAQUETT CLUB, avec le diorama complet sur les TP des années vingt.

   Quelques particularités de ce tracteur : démarrage  à boule chaude, chauffage  avec une lampe à essence , le cylindre est lancé à l’aide du volant de direction démontable et mis sur la roue d’inertie, cylindrée 10338cm3, carburant gas-oil, refroidissement par bâche à eau, 4 vitesses, n° d’usine 53601, vitesse environ 8km/h.




                                    

                                                                                                                  Jean-Marc BOIBIEUX